p.1 Me Avoué, 6, rue de la Tonnellerie. Pontoise, le 30 9bre 1841 Mon cher Barye Je viens de réclamer de vous un service que vous me rendrez car il est en votre pouvoir de me le rendre. voici ce dont il s'agit. Le porteur de ma lettre est un de mes jeunes cousins tout frais debarque de Dieppe ou il étais sculpteur en ivoire. Il se crois appelé à faire mieux : il a prié ses parents de le laisser venir à paris pour s'y occuper serieusemens de l'art de la sculpture. Comme l'amour du travail, le zele et l'en- -thousiasme ne lui manquent pas, on lui a accordé ce qu'il désirais : le voila donc à Paris, mais il lui faut des conseils, un guide, Il ne faus pas qu'il fasse fausse route. J'ai cru pouvoir vous l'adresser : vous serez assez bon, n'est-ce pas, pour lui indiquer le genre p.2 d'études auxquelles il doit se livrer, le maître qu'il doit choisir. Il vous montrera ses oeuvres fruit de ses seules inspirations car il n'a pas eu de maitre : vous lui direz franchement ce que vous en pensez : vous lui permettrez d'aller de tems en tems vous voir, et vous consulter et prendre votre opinion sur ses progrès : il s'inspirera et s'encouragera en voyant vos chefs d'oeuvres. enfin, mon cher camarade, je vous le recommande, c'est un bon enfans qui mérite qu'on s'interesse à lui : je l'engage à faire aveuglemens ce que vous le lui conseillerez. adieu, je ne vous dis pas, Lundi 20 Diner à 6h précises, c'est trop tot. Tous à vous Pinté